Nantes
- Médecine Physique et Réadaptation - www.Nantes-MPR.com
|
Conduite
à tenir en cas d'accident sportif
|
Accueil
> Thèmes > Conduite à tenir en cas
d'accident sportif
Les gestes à
faire ou à ne pas faire sur le terrain lors d'un accident
sont fondamentaux, car ils peuvent modifier de façon
profonde l'évolution du problème (en bien ou en mal).
D'une manière générale, mieux vaut ne rien faire si on ne
sait pas. Quelques conseils simples peuvent tout de même
rendre service.
Il faut tout
d'abord respecter ce principe de bon sens :
"DEVANT TOUT TRAUMATISME, IL EST IMPÉRATIF DE
STOPPER TOUTE ACTIVITÉ SPORTIVE"
Jamais une
médaille ou un titre ne justifie de mettre en péril la
santé d'un sportif.
La personne ne répond plus aux sollicitations
externes (voix, pincements...), il faut alors
Rechercher le pouls et la respiration, en cas
d'arrêt respiratoire et/ou cardiaque, effectuer la
respiration artificielle et le massage cardiaque externe.
Sinon, allonger le blessé en Position Latéral de
Sécurité (P.L.S.) : allongé sur le côté, le membre
inférieur le plus éloigné du sol plié, les bras
légèrement en avant du corps. Ceci permet à d'éventuels
vomissements de s'évacuer.
Appeler les secours (pompiers, S.A.M.U.).
Ne pas bouger le blessé et attendre les secours,
sauf danger immédiat. En effet, la colonne vertébrale
protège la moelle épinière. S'il existe une fracture à
ce niveau, il y a un risque en mobilisant le blessé, de
déplacer les vertèbres fracturées et ainsi d'abîmer les
faisceaux nerveux constituant la moelle épinière (avec
risque de paralysie).
Quelle que soit la partie du corps concernée, si
l'on suspecte une fracture, il faut IMMÉDIATEMENT ET
TOTALEMENT IMMOBILISER
la partie fracturée (bras, jambe). On évite ainsi
de déplacer la fracture et on augmente les chances de bonne
consolidation.
S'il existe une plaie au niveau de la fracture, y
appliquer un linge propre et suivre les mêmes règles que
pour une fracture simple.
Dans
les accidents d'allure bénigne, c'est-à-dire n'ayant pas
l'air d'être grave, le problème se pose de savoir si la
reprise du sport est possible, si une consultation est
nécessaire par la suite et quand. Il faut savoir que
certains traumatismes paraissent bénins (comme les entorses
par exemple) alors qu'en réalité il existe des lésions
importantes. Ignorer de telles lésions conduit à de
véritables catastrophes.
A l'entraînement, le principe
"Tout Traumatisme
= Arrêt du Sport et Consultation Médicale"
reste
toujours valable.
Le problème se pose essentiellement lors d'une
compétition. Le principe reste le même, cependant :
Si au bout de quelques minutes après l'accident la
gêne a totalement disparu et à condition qu'il n'existe
pas de signe de gravité, la reprise du sport est possible,
mais une consultation s'impose au moindre doute et si la
douleur persiste après la compétition.
Si la gêne reste importante ou s'il existe des
signes de gravité, il est alors impératif d'arrêter le
sport sous peine d'aggravation du problème.
A la suite de la blessure, il faut :
Mettre au repos la partie atteinte de telle façon
que le blessé n'ait pas mal. Ceci peut se faire par le
simple arrêt du sport mais peut aussi aller jusqu'à
l'immobilisation par un bandage, la mise en place d'une
écharpe (pour le membre supérieur) ou l'interdiction
d'appui sur la jambe atteinte (pour le membre inférieur).
Refroidir la blessure avec de l'eau fraîche ou de
la glace (en ayant soin d'intercaler un linge entre la peau
et la glace pour éviter les brûlures par le froid) afin de
diminuer l'inflammation.
Pour les blessures qui ont tendance à gonfler
(entorse, accident musculaire), mettre en place un bandage
modérément serré et surélever la partie atteinte par
rapport au niveau du thorax.
L'idéal est de pouvoir consulter son médecin
préféré en urgence. Si cela n'est pas possible (le soir,
les week-end et jours fériés), deux attitudes sont
possibles :
Si la gêne est peu importante, il est possible de
patienter 24 à 48 heures avant de consulter son médecin en
respectant les conseils donnés ci-dessus (les glaçages
peuvent être effectués 3 à 4 fois par jour).
Sinon une consultation dans un service d'urgences
est nécessaire afin d'éliminer une pathologie grave
(fracture par exemple). Cette consultation n'empêche
absolument pas d'aller consulter son médecin habituel dès
que possible afin d'avoir son avis. En cas d'entorse par
exemple, une fois une fracture éliminée, il est possible
de refuser le plâtre et de reconsulter son médecin
ensuite.
L'entorse de
cheville est la pathologie la plus fréquente en
traumatologie du sport. C'est pourtant vraisemblablement la
lésion la plus négligée : parce que souvent elle n'est
pas soignée ("c'est une entorse, ce n'est rien"),
mal soignée (traitement systématique quelle que soit
l'entorse) ou parce que ce n'est pas une entorse.
L'entorse la
plus fréquente est due à l'atteinte du ligament latéral
externe (mais il en existe d'autres types). Elle se produit
lors d'une mauvaise réception ou d'une course, la personne
ressent alors une douleur sur le côté l'obligeant à
s'arrêter.
Si la douleur
est peu importante mais qu'il existe des signes de gravité
tels que : un craquement et/ou un déboîtement lors de
l'entorse ou un gonflement apparaissant rapidement (le
classique "oeuf de pigeon"), il est hors de
question de reprendre le sport immédiatement. Une
consultation s'impose alors : il vaut mieux perdre 10 mn
pour rien qu'une saison ou une carrière par négligence.
Le médecin
pourra grâce à l'examen clinique et aux radios confirmer
le diagnostic d'entorse, préciser le ligament atteint,
apprécier la gravité de l'entorse (bénigne, moyenne,
grave), éliminer autre chose (fracture, luxation de
tendon...) et proposer ainsi un traitement correct. À
l'heure actuelle, le traitement par plâtre doit être
complètement abandonné car de nombreuses études ont
démontré qu'il s'agissait du moins bon traitement de
l'entorse. Le traitement fonctionnel est le traitement de
choix. Il consiste à rétablir la fonction normale de la
cheville le plus précoémént possible tout en rspectant la
douleur. Pour cela, il est demandé de reprendre la marche
le plus tôt possible sous couvert d'une orthèse amovible.
La chirurgie est réservée aux entorses très graves chez
le jeune sportif de haut-niveau. De plus quel que soit le
traitement, une rééducation est indispensable afin de
rendre la cheville parfaitement stable puis son agilité
doit être entretenue par des exercices spécifiques
réguliers.
A la suite
d'une première entorse peuvent survenir de nouveaux
accidents du même type pour des chocs ou des
faux-mouvements de moins en moins importants que l'on
appelle ENTORSES RÉCIDIVANTES. Ces entorses doivent être
rééduquées de façon prolongée avant d'envisager un
traitement chirurgical.
L'entorse du
genou est une pathologie très fréquente. Elle revêt
souvent une apparence bénigne, ce qui explique le nombre
important d'entorses graves passant inaperçues.
En effet, au
niveau du genou, la gravité de l'entorse est liée à la
présence de 2 ligaments en plein milieu de l'articulation,
les ligaments croisés. Ce sont eux qui assurent la
stabilité du genou. Dans certains mouvements, ils peuvent
se rompre très facilement même sans traumatisme violent et
sans donner de symptômes évidents (peu de douleur). Il
faut donc prendre très au sérieux la moindre entorse du
genou et avoir un avis spécialisé à chaque fois.
Il existe
toutefois quelques signes de gravité : CRAQUEMENT et
DÉBOÎTEMENT lors de l'entorse, GONFLEMENT d'apparition
rapide qui font suspecter une entorse grave mais qui ne sont
pas toujours présents. De toute façon, consulter au plus
vite un médecin de traumatologie sportive.
Le médecin,
par son examen clinique et les radios, pourra confirmer le
diagnostic d'entorse, apprécier la gravité de l'entorse
(bénigne, grave), éliminer autre chose : fracture,
luxation de rotule...) et ainsi proposer un traitement
correct. Il est indispensable que le médecin vous précise
si oui ou non les ligaments croisés sont rompus. Si
l'examen clinique n'est pas suffisant, il faut avoir recours
à un examen IRM. Le plâtre n'est jamais nécessaire dans
une entorse du genou et, au contraire entrave la bonne
récupération. Le traitement en urgence est, comme pour
l'entorse de cheville, le traitement fonctionnel sous
couvert d'une genouillère. Il n'y a jamais d'urgence a
opéré une entorse grave avec rutpture du ligament croisé.
Le choix du traitement se fera dans un
second temps, quand le genou aura retrouvé une fonction
normale, en étroite coopération avec le blessé et en
fonction de la gravité de l'entorse, du sport concerné et
de l'âge du patient-ci afin de déterminer la meilleure
stratégie, car il n'existe pas de traitement systématique
de ces entorses, chaque cas est particulier.
Pour en
savoir plus : [entorse
de genou]
Les accidents
musculaires sont le type même de lésions survenant par
erreur d'entraînement : mauvaise préparation physique
(condition physique insuffisante, mauvaise souplesse),
manque d'échauffement, mauvaise technique.
Ils
surviennent le plus souvent lors d'une contraction
contrariée du muscle (shoot) ou lors de son allongement
(préparation du shoot). Les contusions
("béquilles") provoquent les mêmes lésions.
On classe ces
accidents en 3 catégories :
L’ÉLONGATION,
accident le plus bénin, qui correspond à l'étirement de
quelques fibres microscopiques sans déchirure vraie.
La DÉCHIRURE
(ou CLAQUAGE) est
l'accident-type avec douleur importante et sensation d'un
claquement dans le muscle. Elle correspond à la rupture
d'un certain nombre de fibres musculaires avec constitution
d'un hématome dans le muscle.
La RUPTURE
partielle ou complète qui correspond à la rupture visible
d'une partie ou de tout le muscle (lorsque le muscle se
contracte, on voit apparaître une boule à son niveau).
En fait, s'il
est commode de classer ces accidents en 3 catégories, il
faut savoir que tout peut se voir depuis la minime
élongation jusqu'à la rupture complète et qu'il n'est pas
toujours facile de faire "rentrer" un accident
dans une catégorie précise.
Lorsqu'un
accident musculaire, même minime, survient, il est
particulièrement important d'arrêter immédiatement toute
activité physique, car les risques de voir s'aggraver les
lésions sont très grands. D'autre part, il ne faut jamais
masser le muscle, cela pouvant retarder la guérison.
Le médecin
précisera le diagnostic ("claquage de la cuisse"
n'est pas suffisant, il faut préciser le muscle atteint et
la gravité de l'accident) et éliminera une autre
pathologie (rupture tendineuse...). Dans les accidents
musculaires, par exemple, la radio n'a pas d'intérêt, par
contre l'échographie permet de bien préciser l'ampleur des
lésions, en particulier s'il existe ou non un hématome
dans le muscle. Chez l'adolescent, il éliminera un
arrachement de l'attache du muscle sur l'os qui ressemble à
un banal accident musculaire mais qui a une très mauvaise
évolution s'il n'est pas diagnostiqué à temps.
Le traitement
des accidents musculaires est d'abord le repos plus ou moins
prolongé suivant la gravité (de 48 heures à 6 semaines)
associé à de la rééducation (physiothérapie, étirement
puis renforcement). La reprise du sport ne fera jamais avant
la guérison complète. Cette guérison est attestée par le
médecin quand les différents tests musculaires sont
strictement normaux. En cas de reprise trop précoce, le
sportif s'expose à un nouvel accident qui peut alors
compromettre son avenir sportif.
Pour
en savoir plus : [accidents
musculaires]
|